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 L'appel de la mort

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Zurin Arctus

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Age : 89
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Fiche perso : Suivez les panneaux “Cimetière”
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MessageSujet: L'appel de la mort   Mar 11 Nov - 0:01

Zurin Arctus
POST N°1


Cela faisait plusieurs heures déjà que le damné s'était réveillé.
Seul, dans une crypte, sans la moindre indication, il avait entrepris de quitter la funeste demeure pour s'aventurer dans la sombre forêt qui semblait s'étendre sur des lieues et des lieues partout autour.
Une meute de loup semblait suivre Zurin, qui lançait de temps un temps un coup d'œil inquiet par dessus son épaule. En temps normal, il ne se serait jamais risqué à pénétrer aussi profondément en forêt, moins encore la nuit. Néanmoins, il y était contraint, car la crypte ne semblait lui offrir qu'une maigre perspective quant à son éventuel avenir.
A vrai-dire, l'alchimiste était complètement perdu, désorienté. Il ne savait où il était, ni où il devait aller.
Mais il n'était pas effrayé par sa nouvelle apparence ; au contraire. Car il savait ce qu'il était devenu. Il était un Non-Mort, ou un Mort-Vivant, comme se plaît le bas peuple à nommer cet être dont il ignore presque tout dans ses contes les plus effrayants. Il était un damné, l'un de ceux qui étaient condamnés à vivre pour l'éternité dans la mort, à ne plus rien ressentir, si ce n'est une atroce et continuelle souffrance. Il le savait bien, car Zurin était lui-même homme instruit, et il s'était de très près intéressé à ces créatures étranges et, disait-on, maléfiques.
Il ne savait pas bien les raisons de leur existence, ni même ce qui les maintenait en vie. Mais il savait qu'elles existaient, et il en avait désormais une preuve des plus irréfutables qui soit.

Il poursuivit sa progression à travers les branches et les ombres noires de la sombreforêt, dans laquelle il ignorait d'ailleurs se trouver. Depuis peu, il lui semblait entendre une voix résonner dans sa tête, présente comme pour le guider à travers les masses sombres et malsaines de ce monde de ténèbres.
Ses ignobles pieds pourrissants, dont toute trace de chair avait disparu des doigts, se mettaient péniblement l'un devant l'autre, et mimaient une ridicule danse qui s'apparentait de loin à un pas de marche.
Zurin jeta un rapide coup d'œil derrière lui, puis, dans un ultime effort, parvint à s'asseoir sur un rocher proche de lui. Il lâcha le grand bâton orné d'une petite gemme verte qui lui servait de bâton de marche depuis le début de son périple, et qui, contrairement au reste de son laboratoire, avait survécu à la désastreuse explosion qui avait ruiné les efforts d'une vie entière en matière d'alchimie.
Bien qu'il ne fût pas particulièrement fatigué, son récent passage dans la non-vie l'avait visiblement considérablement affaibli.
Il examina quelques instants la paysage macabre qui était depuis quelques heures la seule vision que sa nouvelle «vie» lui avait offerte. Rien de bien encourageant, en vérité : quelques feuilles mortes, de la terre noire et des arbres à perte de vue. Il fixa du regard, sans conviction, une sorte d'écureuil grotesque qui passait par là, et dont les dents aux proportions démesurées lui donnaient une allure de prédateur minuscule.
Le Mort-Vivant n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait faire à présent.
Et, comme une réponse, il perdit conscience au moment même où il se releva
.

*****


Il se réveilla cette fois-ci sur une sorte de table d'opération en pierre, autour de laquelle étaient disposés plusieurs instruments aux fonctions diverses et variées, et qui semblaient aller de l'époussetage à l'incision et au burinage. Zurin remit à plus tard les quelques questions fort peu à propos quant aux utilisations possibles de ce matériel. L'endroit devait probablement être une sorte de laboratoire... ou un lieu moins sain.
Il se releva et constata qu'il n'avait plus autant de difficultés à marcher qu'après son premier "réveil". Toutefois, il constata également, et une fois de plus, que son bâton ne l'avait toujours pas quitté, car il était posé à quelques mètres de là, comme attendant le retour de son maître. Il en attrapa le manche et entreprit de visiter les lieux.
Mais, alors qu'il se croyait seul dans la pièce, il prit soudainement conscience de la présence d'une étrange et silencieuse silhouette noire qui, cachée dans un coin sombre de la pièce, l'observait.
C'était comme s'il avait soudain senti sa présence, comme s'il s'y était éveillé en un seul instant.
Il se tourna alors vers elle et avisa une question :


« Où suis-je ? »


Dernière édition par Zurin Arctus le Dim 16 Nov - 5:29, édité 3 fois
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Zurin Arctus

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MessageSujet: Re: L'appel de la mort   Dim 16 Nov - 4:56

Zurin Arctus
POST N°2



Zurin regarda quelques instants son interlocuteur.
Visiblement, celui-ci n'était que peu pressé de lui apporter une réponse, et il ne semblait pas particulièrement enclin à engager une quelconque conversation.
Les deux personnages étaient immobiles dans la pièce ; l'un fixait l'autre, tandis que celui-ci l'ignorait, tout du moins était-ce ce qu'il laissait paraître.
Néanmoins, Zurin était décidé à obtenir des informations sur l'endroit où il se trouvait, et c'est avec conviction qu'il reprit la parole :


« Et bien, bestiole, la don du verbe t'est-il étranger ? Je ne croirais pas que tu ne puisses au moins dire quelques mots. Ou à défaut, je ne sais pas : grogne, glapis ! »

Le Mort-Vivant ne semblait pas apprécier le mutisme qu'on lui opposait, et il reprit de plus belle :

« Alors, mignon ! Un mot, au moins ! Un geste, ne serait-ce qu'un mouvement d'orteil ! Je ne veux savoir qu'une seule chose : où je suis. Mais si tu es incapable de me dire davantage que ce que je sais déjà, c'est-à-dire rien, indique-moi au moins la sortie, que je cesse de pousser des cris pour te forcer à n'émettre qu'un son ! »

Le mystérieux personnage semblait toujours décidé à ne dire mot, ce qui acheva de déstabiliser Zurin. Jamais, de toute sa vie, il n'avait eu affaire à quelqu'un l'ignorant d'une telle façon. Il avait toujours su faire réagir, d'une façon ou d'une autre, les personnes avec qui il discutait. Cette fois-ci, pourtant, rien ne semblait y faire.
Il en fut si perturbé qu'il lui bondit dessus, dans l'espoir de lui arracher, faute d'une phrase cohérence, un cri d'agonie. Il n'eut cependant pas même le temps de l'atteindre : à peine s'était-il envolé qu'un voile blanc recouvrit ses yeux ; à nouveau, il sombra dans l'inconscience. Il ne sentit pas la moindre douleur, mais, lorsque son corps s'écrasa lourdement aux pieds du garde qui s'était jusque-là contenté de l'observer, celui-ci alla le ramasser et, le soulevant sans le moindre effort, le reposa sur la table en pierre qui se trouvait près du mur de la pièce, au fond de celle-ci.


*****


Lorsqu'il rouvrit les yeux, ce ne fut pas sur le sombre cachot et son attirail des plus variés que son attention se fixa, mais sur l'affreuse impression de froid qu'il ressentit soudain. Tandis que ses yeux s'habituaient lentement à la lumière, il put s'apercevoir qu'il avait troqué sa robe noire et chaude contre un costume d'Eve, bien moins seyant que son habit de soie. Surtout en plein blizzard.
L'apothicaire poussa un petit cri de surprise.
Lorsque ses yeux se furent entièrement accoutumés à la luminosité ambiante, il constata avec effroi qu'il se trouvait... en plein désert polaire. Il déplora d'ailleurs que la sensation de froid intense qui le tenaillait depuis son réveil soit due à la neige qui s'était déposée sur lui, au vent glacial qui battait tout son corps, et à la glace qui lui servait présentement de couche, et non à un simple caprice de ses sens.
Il se releva tant bien que mal, et entreprit d'avancer de quelques pas. A sa grande surprise, il ne s'effondra pas au sol, mais passa avec succès cette première épreuve : il avait réussi à déplacer un pied, et à le placer devant l'autre. Renouvelant l'exploit, il fut absolument ravi de sa seconde victoire sur un corps mutilé par le froid et, en temps normal, incapable de se mouvoir dans une telle tempête.
Pourtant, c'était lui semblait-il chose assez aisée, et il fut assez audacieux pour reitérer la chose à plusieurs reprises. Sans un murmure, il récidiva l'affront à son propre corps, tant et si bien qu'il finit par obtenir une démarche plutôt cohérente, s'apparentant, certes à quelques différences près, à une tenue relativement correcte.

Il traversa ainsi ce qui lui sembla être une plaine glacée d'au moins une demi-douzaine de kilomètres.
Les vents lacéraient toujours ses côtes, sa poitrine, son dos, ses bras, et tout son corps. Il lui semblait ne plus pouvoir supporter une telle douleur, tant il souffrait le martyr. Il n'avait d'ailleurs même plus la force de crier ; ce qui, toutefois, ne l'empêchait -mystérieusement- pas de marcher. C'était là une expérience fort étrange. Il lui semblait être contraint à atteindre un but qu'il ne connaissait pas encore, et que, dans cet unique objectif, une divinité aux desseins obscurs insufflait dans ses jambes le courage et la volonté de continuer.
Il poursuivit donc sa route.
Lorsqu'il levait les yeux, c'était pour les poser sur d'horribles montagnes aux pentes escarpées qui avaient remplacé l'impénétrable horizon, quelques heures après son départ d'il-ne-savait-où, à destination d'il-ne-savait-pas-davantage-où.
Le malheureux damné se plut quelques instants à contempler ce paysage immaculé, qui, malgré la présence inquiétante des gigantesques masses rocheuses noires au loin, dégageait une aura apaisante. Il lui sembla même que c'était d'elles que provenait son étonnante endurance. Alors qu'il s'égarait de plus en plus dans ses pensées, il se surprit lui-même à s'imaginer divaguer et ne sachant plus dans quelle direction aller. Pourtant, il connaissait parfaitement le chemin à suivre. C'était comme s'il l'avait déjà parcouru, peut-être même plusieurs fois ; c'était évidemment absurde. Jamais un petit apothicaire ne se serait rendu dans une région aussi inhospitalière, quelque fût l'éventuel profit qu'il en aurait dégagé. C'était là le lot des aventuriers. C'était eux qui exploraient les terres arides et inconnues. C'était grâce à eux qu'on traçait de nouvelles routes, qu'on dessinait de nouvelles cartes. Pas grâce aux apothicaires. Eux se chargement seulement de revendre une marchandise ramenée par ces mêmes héros sous forme de diverses potions aux effets aussi variés qu'il en existe de différentes.
Alors que diable pouvait-il faire dans un tel endroit, nu au beau milieu d'une tempête ?
Une question à laquelle il n'avait pas de réponse, et à laquelle personne n'était susceptible d'en apporter une.
Il lui sembla se retrouver devant cet infâme personnage qui avait refusé de lui adresser la parole, quelques heures plus tôt. C'était bien cela : un désert de glace qui lui refusait la moindre indication et s'appliquait consciencieusement à le perdre dans ses étendues arctiques. Sans un mot, sans un murmure.
Un murmure, c'était ce qu'il percevait depuis plusieurs minutes déjà. Comme une voix qui lui susurrait à l'oreille des paroles incompréhensibles, et qui pourtant avaient un sens. Mais pas pour lui.
Zurin les écouta attentivement. Il voulut même stopper sa marche pour mieux discerner les propos de la petite voix, mais il n'y parvint littéralement pas.
Il continuait donc à avancer, tentant de saisir quelques bribes de phrases parmi la masse informe de sons qui semblaient maintenant provenir directement de l'intérieur de son crâne.

Puis, soudain, il lui sembla appréhender un mot. Un seul.
Alors qu'il tentait de l'analyser, de le comprendre, ses jambes s'arrêtèrent net à une centaine de mètres... d'un fossé. Une gigantesque faille s'étendait devant lui, presque à ses pieds.
Il ne s'en était pas aperçu, occupé qu'il était à écouter la voix mystérieuse, mais le décor dans lequel il se trouvait avait sensiblement changé depuis quelques temps déjà.
A la place de l'étendue plane de glace et de neige qui avait été jusque-là son seul spectacle se trouvaient désormais des surplombs et des excroissances rocheuses, tout aussi noires que les montagnes encore visibles au lointain, et dont certaines venaient terminer leur chaîne aux courbures improbables autour même de Zurin.
Après cette nouvelle contemplation de l'agencement d'un relief par bien trop d'aspects effroyable, l'apothicaire baissa les yeux vers le sol.
Il fit un bond de six pieds en arrière : il avait aperçu, sous le reflet bleuté de la glace sur laquelle il marchait, comme quelque chose en mouvement, synchronisé avec ses propres mouvements.
Réalisant subitement sa bêtise, il maudit sa poltronnerie et rapprocha son visage du sol. Il constata avec étonnement qu'il avait retrouvé des traits parfaitement humains. Il toucha chacune des parties de son corps avec brusquerie, comme pour se rendre compte dans sa totalité du miracle qui s'était accompli. En vérité, il ne l'avait jusque-là pas remarqué ; mais il était redevenu humain. Et c'était bien le reflet de son visage qu'il avait vu dans la glace.
Son visage...
A peine avait-il eu le temps de se pencher à nouveau au-dessus du reflet qu'une tâche lumineuse attira son attention, profondément enfouie sous la glace. Puis une deuxième, une troisième, une quatrième, et encore une cinquième. Les profondeurs vitreuses du sol sur lequel il se trouvait étaient parsemées de petites tâches de lumière blanche-bleutée, comme si une lampe l'éclairait pas dessous.
Mais, avait-il juste constaté leur présence, qu'un nouvel élément l'intrigua. A une dizaine de mètres devant lui, les tâches disparaissaient. Tout redevenait... plus clair.
Non, en vérité, c'était toute la partie sombre qui s'arrêtait exactement là où se trouvait Zurin. Soudain terrorisé par sa découverte, il se releva, pour s'apercevoir que la masse sombre sur laquelle il avait marché ne s'étendait que sous une partie bien délimitée de la glace, partie elle-même extrêmement grande.
Alors qu'il se jetait en arrière pour échapper au sol noir, il s'aperçut que la neige, qui pourtant n'avait jamais disparu, s'était reformée par terre, et qu'il ne distinguait désormais plus sur quelle partie il se trouvait.
Et, soudain, la terre se mit à trembler. Zurin ne put réussir à se maintenir debout, et il n'eut comme autre solution que de se plaquer contre la neige. Puis, dans le silence insoutenable qui suivit la secousse, d'horribles craquements résonnèrent dans la petite vallée que formait le gouffre qui se trouvait à une centaine de mètres de là.
Qui se trouvait.
Car à peine eut-il le temps de se retourner, qu'il s'aperçut qu'il n'était désormais plus qu'à vingt ou trente mètres de lui.
Puisant dans ses dernières forces, il se redressa sur ses jambes et courut aussi vite qu'il le put dans la direction inverse. Hélas, celle-ci n'était pas vraiment plus sûre. Tandis que l'abîme se rapprochait, la glace se fendait en blocs de plus en plus gros sous ses pieds. Ne sachant que faire, il tomba au sol, en pleurs, désespéré, s'abandonnant aux forces de la nature. Quelques secondes plus tard, l'abysse l'avait rattrapé. Malgré ses efforts, il ne put s'accrocher à rien, et ne fit qu'entre-apercevoir ce qui émergeait de la glace : une sorte de masse marron difforme, qu'il ne sut identifier.

Et il chuta.


*****


Lorsqu'il reprit conscience, il était de nouveau dans l'étrange chambre qui avait été le théâtre de sa “dispute” -quoique grandement jouée seul- avec l'homme du coin du mur. Il se redressa d'un seul mouvement, et regarda subitement ses mains. Elles n'avaient pas changé. Il était toujours Mort-Vivant.
Si Zurin avait pu avoir une respiration, celle-ci aurait été saccadée, et, si sa peau n'était en état de décomposition, tout son corps serait probablement trempé de sueur.
Il lui fallut plusieurs instants pour se remettre de si intenses émotions.
Il ne comprenait toujours pas ce qui lui était arrivé.
Alors qu'il était encore perdu dans ses pensées, le garde vint à lui, et, pour la première fois, lui adressa la parole, de sa voix sèche et lourde :

« Venez, le maître vous attend. »

Sans dire un mot, Zurin obéit. Il remit en place son monocle, qui était tombé pendant son délire, attrapa son bâton, et se laissa guider à travers les sombres couloirs de la Tanière.


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[Je souhaiterais rencontrer Agramand.]
[LL : Tu ne rencontreras pas Agramand tout de suite. Tu rencontre avant un de ses général voir même un de ses lieutenants. Si tu veux intégrer la monarchie, incruste toi dans le post de Lamatsu qui au passage est le lieutenant de Malcuis, général d'Agramand ^^.]
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