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 Destination : Port-Pergas

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Aspar Fendor
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MessageSujet: Destination : Port-Pergas   Jeu 29 Mai - 17:08

Aspar Fendor
Post N° 7

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Destination Port-Pergas…

Fendor avait visité l’épicerie locale et le magasin de Fournitures Générales. Il avait tenté, en vain, de négocier deux miches de pain complet, une poignée de saucisses, quelques pommes et un fagotin de légumes. La panse de son sac se portait mieux, mais les marchands locaux l’avaient encore délesté d’une bonne somme. Décidément, la vie était un luxe à Sipahan et le Demi Nain regrettait amèrement les réserves de la Tour Orientale, dans lesquelles il suffisait de puiser pour survivre, les gens de services pourvoyant aux besoins du Clan sans que quiconque n’en ait jamais conscience. 19 pièces d’or pour manger juste convenablement pendant cinq à six jours en tirant sur les réserves ! Quel scandale ! Il était temps de quitter cette ville maudite et ses voleurs de commerçants à la bedaine tendue à éclater comme pêche blette.

Le Chasseur arpentait le Port.

Déjà, la première fois qu’il avait foulé les Quais de Sipahan, il avait été étonné par le nombre des navires qui mouillaient dans la rade. A Garadgar aussi il y avait un port. Mais bien moins fréquenté que celui de la Capitale d’Amresia, et surtout pas par des esquifs taillés pour affronter la haute mer. Certains bateaux qui lançaient leurs mâts dans la nuée infestée d’oiseaux marins paraissaient assez gigantesques pour contenir dans leur ventre trois à quatre villages entiers de Nains.

Il lui fallait trouver un Passeur. Et au plus tôt. Son or fondait comme les neiges des Montagnes Noires à l’approche de l’été, et bientôt, il serait condamné à demeurer sur ce continent ci, à attendre que son poil retrouve les couleurs du feu et que ses assassins, furieux d’avoir raté leur coup, et pressés par d’éventuelles représailles d’un mandant spolié, s’occupent de sa couenne !

Des marins gueulards affalaient les toiles du « Fol Vent du Sud ». Maudit rafiot ! Fendor ne tenterait pas le sort sur un bâtiment qui l’avait abandonné en pleine mer, dans la houle et la tempête, troué comme un chinois à passer la soupe. Plutôt mourir sur le planchez des vaches !

Le Demi Nain dépassa le navire de sinistre mémoire, en tournant machinalement la tête pour dissimuler son visage au Quartier Maître qui surveillait la manœuvre d’un œil, et reluquait de l’autre, torve celui là, les gueuses qui pullulaient sur l’embarcadère, rondeurs et chairs offertes à la concupiscence des lascars sevrés de caresses par de trop longues campagnes en mer. Certaines des filles dévisageaient Fendor avec un air gourmand, lourd de promesses indescriptibles, qui, - le Chasseur se l’avoua à lui-même à son corps défendant -, lui réchauffait les sens.

Il ne put résister tout à fait lorsqu’il aperçut une liane diaphane à la chevelure dorée comme un pain de deux livres qui promenait ses yeux vairons en dandinant de la croupe. Il s’approcha, la gorge sèche, de la créature qui le dépassait de la tête et des épaules et tira doucement sur le drap rugueux de sa robe de paysanne.


- Damoiselle ! Souffla-t-il comme le dernier des benêts venant mendier une gigue à la belle du village. Damoiselle ! Peux-tu me renseigner ?

La fille se retourna, courroucée que l’on agrippe ses jupes sans sommation, mais, flairant le pigeon bon à plumer, masqua ses impressions premières par le sourire le plus candide qu’Aspar Fendor ait jamais contemplé de toute son existence. Elle cambra la taille, accentuant sa finesse en la soulignant de ses deux poings campés sur des hanches pleines, et bomba une poitrine qui menaçait de jaillir à chaque souffle de sous une chemise généreusement entrouverte qui mettait en valeur le sillon dessiné entre deux seins agressifs.

- Que puis-je pour toi, Seigneur Nain ? Commande et j’obéirai ! Je sais me montrer docile servante !

Disant cela, elle se baissa vers Fendor, faisant bailler cette chemise qui maintenant ne cachait plus grand-chose. Devant cette peau claire et ambrée, et ces appâts plus qu’engageants, le Chasseur dût s’y reprendre à deux fois pour répondre, tant sa gorge était nouée. La fille ne manqua pas de s’en apercevoir, et elle caressa d’un revers d’une longue main fine la joue du nabot, le fixant d’un chaleureux regard. Fendor recula, et la Fille partit d’un rire de gorge cristallin, la tête inclinée en arrière, exhibant la finesse de son long cou.

- Aurais-tu peur, Messire ? Je ne te mangerai pas, sais tu ! A moins bien sûr, que tu ne l’exiges de moi ?

Fendor chancela. Bredouillant comme puceau en bouge, il ne trouva rien d’autre de mieux à faire que de froncer le sourcil pour tenter de se donner l’air sévère, et ronchonna, protestant de la pureté de ses intentions.

- Damoiselle ! Tu te trompes lourdement ! Je ne te cherche pas commerce ! J’aimerais partir au plus tôt pour Port-Pergas, et je voulais savoir si tu avais connaissance d’un équipage qui levait l’ancre !

La Fille le toisa, amusée, et feignit le courroux.

- Ainsi n’aurais-tu d’autre usage d’une femme que de lui soutirer une information que n’importe quel quidam tiré par la manche pourrait te donner ? Tu te moques de moi, Nabot ! Pourquoi quémander en me tirant MA jupe et pas à l’autre là, - elle désigna une bonne femme obèse qui traînait un cageot plein de poissons sur un lit d’herbes -, ou celui là, - elle montra du doigt un vieillard sans jambe mendiant adossé à des amarres.

Fendor recula encore d’un pas.

- Je te plais, voilà tout, mais tu n’as pas le courage de me l’avouer ! Tant pis pour toi ! Mmmm ! Si tu savais ce que tu manques, Messire Nain !

Elle se pencha sur lui, lui saisissant les tresses de la barbe à pleines mains, et lui écrasa ses lèvres fraîches sur sa bouche. Elle avait un goût de mûre et Fendor faillit en mourir. Puis elle le planta là, seul dans ses chausses, et repartit en riant chasser l’homme.

La grosse au cageot de poissons le tira de sa brûlante torpeur, goguenarde.

- Si tu veux passer avant ce soir, va donc parler à Ibaoron le Court, là bas, près de la coque rouge. C’est le Capitaine du Galion « Fils d’Esope » qui lève l’ancre dans deux heures. Ils vont charger du blé et de l’avoine en Norgod.

Pas encore remis de ses émotions, Fendor remercia d’un signe de tête, et fébrile, tira des bords jusqu’au brun qui mâchonnait sa pipe en regardant passer la fille aux yeux vairons d’un air entendu et canaille.

Le Demi Nain salua le Capitaine d’un signe de la main.

- Lumière sur toi Messire ! Peux-tu me faire passer à Port-Pergas ? Et pour quel prix ?

Ibaoron leva sur Fendor un regard neutre, le contemplant de la tête aux pieds, comme s’il prenait le temps de réfléchir.


[Requête MDJs : Ô Grands Ordonnateurs de la Destinée, pourriez vous retirer 19 pièces d’or de la fortune fondante de ce pauvre Fendor, et ajouter à son inventaire 2 pains complets, 5 saucisses, 5 pommes et 5 légumes. Puis, dans votre infinie mansuétude, me narrer ce que Ibaoron va répondre au Nain : pour le voyage ? Pour le prix du voyage ?]
[ ELiz : Nourriture ajoutée, or retiré. Il veut bien te faire passer, pour 10 or + Du travail sur le bateau. Je ne retire pas encore cet or là ]


Dernière édition par Aspar Fendor le Dim 1 Juin - 16:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Destination : Port-Pergas   Dim 1 Juin - 1:09

Aspar Fendor
Post N° 8


« Fils d’Esope »…

Ibaoron le Court avait tranché : pour dix pièces d’or, il transportait le Nabot jusqu’à Port-Pergas, à condition qu’il mette la main à la pâte en s’acquittant de quelques menues corvées à bord. Fendor n’avait pas fait son difficile : le labeur écourterait son voyage. Il appréhendait toujours de prendre la mer. Et il avait gardé de sa dernière expérience un dégoût profond pour l’air salin et le parfum iodé du Détroit Pergasien.

Le surnom du Capitaine ne lui allait pas comme un gant de peau, loin de là. Du haut de ses six pieds, il baladait une mine maussade et un teint olivâtre, comme si le mal de mer l’avait vaincu une bonne fois pour toute et lui avait juré une fidélité absolue. Son commerce, parfois troublé par les miasmes de la piraterie, l’avait doté d’une solide fortune qui l’autorisait à porter redingote et chausses en velours côtelé, d’un bleu profond, et des bottes de cuir noir à boucles qui gainaient ses maigres guiboles jusqu’à la moitié de la cuisse. A sa ceinture, pendaient une épée du meilleur acier, à la poignée ouvragée, et une dague elfique, souvenir d’une jeunesse agitée passée à jouer aux dés dans les tripots et à parier sur des combats de coqs. De loin, l’âge semblait l’avoir épargné, et il arborait une chevelure noire, coupée en brosse qu’agrémentait une petite tresse tombant de sa nuque sur le col de sa camisole blanche. De près, il était évident que ce vieux beau se teignait le poil, tant les rides ravageaient sa face avinée. Ibaoron fumait la pipe, et crachait par terre avec beaucoup de distinction toutes les deux phrases exactement, réglé comme une horloge.

Il avait fait bon accueil à Aspar Fendor, bien qu’ayant compris au premier coup d’œil que le garçon ne croulait pas sous l’or, malgré son sac de voyage trop neuf. Et le vieux bouc avait immédiatement repéré que, comme lui, le Nabot usait et abusait de la teinture. Que sa tunique, râpée mais propre, arborait deux coutures à des endroits iconoclastes. Pourtant, le Demi Homme n’avait pas l’air d’un quidam prompt à jouer du couteau. Ibaoron en avait secrètement conclu qu’il s’était fait trouer la panse, ou, - après tout, qui peut bien conter l’histoire incroyable d’un meuble ou d’un vêtement à une époque où leur durée de vie avait beaucoup de chance de dépasser l’espérance de survie de plusieurs propriétaires successifs -, que le précédent propriétaire de la tunique était mort poignardé. Par respect pour la tunique qui avait beaucoup souffert, et parce que le Nabot se teignait les frisettes et que cette pratique singulière leur faisait un point commun, Ibaoron avait accepté de prendre à bord une charge supplémentaire. Et en homme d’argent avisé, il l’avait déjà rentabilisée : un peu d’or, et beaucoup de travail !

Quant à Fendor, après avoir compris que le navire embarquerait à peine une dizaine de passagers en plus de l’équipage, il ne bouda pas sa chance et s’empressa de jeter son paquetage sur le pont, le sourire aux lèvres.

« Fils d’Esope » était une bonne vieille caraque de Sipahan. Longue de 63 pieds pour 16 pieds de largeur, sa coque rouge au bordage fait à clin portait fièrement deux mâts gréés de six voiles carrées taillées dans le meilleur drap. Six voiles d’un vert agressif criblées de lys écarlates. Au tiers arrière de la poupe, se dressaient les vestiges d’une tour construite à même le pont, - baptisées pompeusement, le « château » -, qui disaient beaucoup sur les origines guerrières du navire. Ibaoron chantait à tous ceux qui voulaient bien l’entendre que « Fils d’Esope », avec son ventre rebondi, était piètre marcheur, mais il vantait sa robustesse et sa capacité à passer, entassés dans les flancs et sur le pont unique, un bon équipage composé d’une trentaine de gaillards triés sur le volet, le double de passagers, ravitaillement et eau potable, cargaisons et armements s’il le fallait. D’ailleurs, les marins, outre l’entretien du navire, avaient à charge sa défense. Tous savaient manier l’arbalète et la hache d’abordage. Quelque part dans la soute, dormaient des chapelets de bouteilles remplies d’un mélange savant d’alcool frelaté et de poix qu’on lançait dans les voiles des agresseurs potentiels pour y mettre le feu. « Fils d’Esope » avait ainsi essuyé plus d’une centaine d’attaques depuis que le Capitaine Ibaoron l’avait fait armer pour le commerce. Le loup de mer se targuait d’avoir abattu le « château » des deux tiers de sa hauteur, mais d’avoir conservé les balcons supérieurs desquels les archers dominaient le plus souvent leurs adversaires, naviguant sur des bateaux plus rapides et à moindre tirant d’eau, architecture qui, à maintes reprises, avait assuré la victoire à son équipage. Il convenait que « Fils d’Esope », avec en guise de gouvernail, deux grands avirons latéraux fixés à la coque, ne tirait pas dans la catégorie des navires les plus maniables, et que, par gros temps, l’équilibre instable causé par la présence de la tour arrière, imposante et ferrée, ne jouait pas en faveur de sa sécurité et de celle de son contenu, passagers compris.

Seuls les passagers de marque logeaient dans les cabines spacieuses du « château », ainsi que la majeure partie de l’équipage. Bosco, mousses et journaliers responsables de la cargaison partageaient un balcon surplombant le fret auquel ils accédaient pas une trappe à la proue du navire. Ils dormaient à même le planchez humide, enroulés dans des couvertures peu ragoûtantes, d’autant que, même par mer d’huile, le roulis y était sans cesse perceptible. La plupart du temps, ces passagers là préféraient dormir au grand air, sur le pont, lorsque la pluie ou le vent ne rivalisaient pas pour leur causer des ravages.

Fendor se promit à lui-même de ne pas descendre une seule minute sur ce que les marins appelaient le « hamac » en se poussant du coude. Il avait repéré dès sa montée à bord un entassement de vieux cordages abrités par le balcon du château, et calés à tribord. Il en ferait sa litière, quitte balancer par-dessus bord le fâcheux qui nourrirait l’idée saugrenue de lui disputer sa « chambrée ».

Il fut réceptionné par le second, un vieil albinos grincheux, couturé de cicatrices, dont tous les doigts de la main gauche avaient été emportés par une amarre une nuit de tempête. « Cinq Doigts », - c’est comme ça qu’on le nommait -, menait les hommes à la baguette, au sens propre du terme. Dans sa main valide, il pressait nerveusement un scion de noisetier long comme un avant bras, autour duquel, tel un serpent, s’enroulait une tresse de cuir cloutée. Il en faisait usage, et ici, nul ne trouvait à y redire. Lorsque la mer se déchaînait, c’est Cinq Doigts qui prenait la relève du Capitaine et gueulait les manœuvres. Pour avoir sauver la vie de tout le monde un bon millier de fois, il avait gagné le droit inaliénable de passer ses nerfs sur les maladroits, les fainéants et les endormis, à bon ou à mauvais escient. Fendor avait vite discerné que toute tentative d’amadouer la vieille charogne serait immédiatement comprise comme un aveu de lâcheté, et il l’avait toisé d’un air louche dès leur première rencontre. Le fait de payer 10 pièces d’or le préserva d’un coup de knout dans les mandibules, mais à peine avait-il tourné le dos que l’arme fatale du second lui avait zébré les fesses sous les éclats de rire des membres de l’équipage.


- Pour 10 pièces d’or le passage, je te le promets, Bas des Miches, je ne te ferai pas plus de dix cicatrices par jours, avait craché Cinq Doigts, satisfait de lui-même, et encore plus de la réaction de ses gars.

Fendor s’était tâté : il aurait bien bandé son arc, et planté une bonne flèche de bois entre les deux yeux du malpropre. Mais la vénération craintive de l’équipage l’avait convaincu qu’il en serait quitte pour finir dans la marmite du bosco.

Lorsque un gosse unijambiste et borgne frappa sur la cloche pour annoncer le départ imminent du « Fils d’Esope », Aspar Fendor se précipita pour se mettre à disposition de Cinq Doigts pour participer aux manœuvres. Le Second secoua la tête, moqueur, et, crachant sur les bottes de Fendor un jus de chique noirâtre, passa son chemin en haussant les épaules. Le Capitaine Ibaoron se précipita, prévenant, et d’un doigt plus qu’impérieux, désigna un baril d’huile grasse et de vieux chiffons.


- Toi, Fils, tu nourris les bois ! Déclara-t-il aussi bienveillant et aimable que s’il lui avait proposé d’aller prendre quelque repos dans une cabine.

Fendor s’exécuta. Il avait donné sa parole. D’ailleurs, il n’avait déjà plus le choix : « Fils d’Esope », amarres larguées, voiles claquant dans le vent, quittait déjà le port de Sipahan. Soucieux de se faire le plus discret possible, il se glissa jusqu’au baril pour commencer ses corvées.

Se sentant épié, il leva la tête : sur le balcon du château, une silhouette osseuse drapée dans une cape à capuche dardait sur lui un regard vide. La silhouette lui fit un signe d’une main décharnée à la peau vert de gris, pendant que son serviteur, un enfant engoncé dans une pèlerine grenat, venait à sa rencontre.


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