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 [Glorac] Petites retrouvailles fraternelles.

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Glorac
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MessageSujet: [Glorac] Petites retrouvailles fraternelles.   Dim 20 Avr - 2:02

[Post précédent dans : Norgod, Les routes de Norgod, "Un chemin à l'avenant."]


[Post n°65]
<Glorac>




Le barde était arrivé au port une petite heure avant la fin du jour. Il avait fini le trajet sans encombre. Hormis, bien entendu, le regard étonné ou goguenard des passants et gardes, et les froncements de sourcils de ceux qui l'approchaient de trop près. Le cataplasme du druide croisé sur la route était surement efficace, en tout cas il le démangeait suffisamment pour démontrer qu'il avait effectivement un effet sur sa morphologie. Seulement, il puait vraiment trop, et n'était franchement pas discret. Mais, autant que le barde pouvait en juger, le remède refermait ses plaies.

Il avait passé la porte avec un groupe de voyageurs, avait vaguement été contrôlé. Mais il n'avait que peu d'or sur lui et pas d'arme, si ce n'était son bâton, il n'avait donc été importuné par la garde. Il était allé tout droit à ce qui s'approchait le plus dans son esprit d'un concept de foyer, à savoir les quartiers marchands. Y vivaient ses frères et soeurs des rues, y passaient ses frères et soeurs des routes.
Dans le quartier, comme d'habitude fort animé, vivant et coloré, il se dirigea vers une impasse exigüe et sombre. Avec des odeurs de substances hallucinogènes. Et d'alcools plus ou moins imbuvables. La princière résidence du roi des vers pergasiens, révéré par ses confrères vrais poètes. L'Artiste.
L'homme, maigre, semblait en plein coeur d'une transe. Vivement, il saisit un parchemin et y griffonna des mots, les alignant à toute vitesse, comme si ils allaient s'évader, fuir son esprit. Glorac regarda l'homme attacher par des chaines d'encre noire deux sonnets dans leur prison parcheminée. Sacrilège, pour un troubadour, mais mal nécessaire, car l'Artiste ne se souviendrait pas des mots eux même, juste vaguement des émotions dans lesquelles son coma narcotique l'aurait plongé. Dans leur prison de vélin, les sonnets furent rejoints par un laï. Puis la plume tomba au sol et le parchemin voleta vers les pavés sales. L'Artiste s'effondra, épuisé, et fut saisi de tremblements.

Une dizaine de minutes plus tard, le compositeur de vers ensoleillés émergea des brumes de Larmes de Poète. Rares étaient ceux qui en fumaient , l'Artiste était l'un de ceux-là. De même que Glorac, qui lui tendit une outre d'eau claire.

- Merci, l'ami. Je savais que tu reviendrais, même si je n'savais quand. Tu nous a fait une sacrée frayeur en disparaissant comme ça, sans reparaître nulle part, dit l'Artiste d'une voix pateuse, ensomeillée encore par sa transe lyrique.
- J'suis désolé, vieux frère. B'soin d'réfléchir. Et maint'nant, m'faut des infos. J'ai fait des songes effrayants. Au fait, j'ai croisé Grand Frère sur la route. Y va bien, toujours fringant.
- Tu m'avais parlé d'un devoir, en effet. Grand Frère va t'y aider, mais pas seul. 'Faut mobiliser tout l'monde. Et pas seulement pour toi, Glo', n't'en déplaise.
- C'est à dire ? dit l'itinérant, intrigué.
- C'est à dire que tout s'fait la malle en c'moment. Des conflits, des tentatives de prise ou d'augmentation de pouvoir. Un mal grandissant dans la Sombreforêt. La Paix, dont l'Savoir, not' boulot, est garant, est en train de disparaître.

Ces mots laissèrent Glorac songeur. Le Monde allait mal. Sa retraite l'avait coupé des informations généralement connues de tous.

- Qu'est c'que tu m'suggères, l'Artiste ?
- On parle de gens qui s'sont unis, dans un but commun. Des mercenaires. La Garde Rouge, qu'y s'font app'ler. On d'vrait faire la même.
- C'est à dire ?
- C'est à dire qu'on d'vrait s'unir, nous, artistes. Qu'on a un certain pouvoir, dans les cours des rois, dans les rues des villes, sur les routes de ces contrées.
- Ce pouvoir, c'est c'lui des Mots, hein ?
- Oui, qu'il faut savoir décoder. Comme les divinations des Dieux et des ermites. Prenons exemple sur les contes, l'ami !

Glorac prit quelques minutes pour intégrer ce que venait de lui dire son vis à vis. Ils devaient chercher la Paix, ramener l'Equilibre. Ils en étaient en quelque sorte responsables, de tous temps. Dans les contes, c'est toujours la musique du barde qui apaise les tensions, ses vers qui guident le coeur des hommes. Il repensa au conte le plus célèbre sur le sujet. Un trouvère mythique, ayant, disait la légende, enrayé des complots et retournés les partisans d'un perfide prince contre ce dernier à force de mots habilement glissés.


- Charme...
-
... sibyllin, des vers cristallins
Des poètes parcourant les chemins
Guidant les peuples vers leur destin,
Et dans la Paix guérit les coeurs.

Trouvères, éloignez les peurs
Des Âmes de votre humble public,
Eloignez l'ombre et sa panique,
Enfin, apaisez leurs pensées.

Qu'enfin, de vos Talents parés
Vous égayiez ces craintives existences
Et les fassiez entrer dans l'Harmonique danse.

Pour la Paix êtes enfin regroupés,
Et dans le Verbe êtes éternellement liés...




Les deux ménestrels observèrent un instant de silence. Cette chanson était transmise de maître en disciple depuis des siècles, hymne des itinérants artistes. Dans les esprits des deux poètes naquit en cet instant l'idée que ces mots n'étaient pas vains. Qui étaient-ils, sinon les Gardiens du Verbe, se devant de le diffuser dans un but pacificateur ?

- Charme sibyllin, fredonna Glorac, Pour la Paix regroupés, dans le Verbe liés... Qui, mon frère, qui peut permettre de concrétiser ces vers ?
- Commence par Sryam. Les rêves m'ont montré une danseuse. Elle est à la cour, et a même une certaine réputation. Il se peut donc qu'elle ait une certaine influence.
- Djel'Fa ? Comment...
- Allons mon ami, tu sais comme moi comment payer ta traversée. Prends exemple sur ta mère.

Glorac eut une moue dégoutée mais en même temps résignée. Lier les bardes et artistes, non par un cercle de connivence, mais par un véritable réseau, semblait une nécessité. Les guerriers et démons n'étaient pas les seuls habitants de ce monde, ne leur en déplaise. Les autres avaient une Voix, qui devait s'exprimer, et les trouvères étaient théoriquement la voix de la conscience collective. Glorac devrait prendre la mer, et cela lui couterai sans doute une traversée aux côtés d'une vieille et riche bourgeoise, ou noble. Voire très certainement séquestré dans sa cabine, plus que simple accompagnateur.
La danseuse avait plutôt intérêt à être belle. Il le supposait du moins, pour qu'elle soit admise à la cour. Ceci acheva de motiver l'itinérant.

- Un nom ?
- Leelou Lovara. Tsigane. Et, oui, elle est magnifique. Ah, et elle a son caractère, souffla l'Artiste avec un sourire. Repose toi, mon ami, pour te remettre de tes blessures. Demain, sera sans doute une dure journée de harangue. Et une difficile traversée t'attend.

A ces mots, les deux ménestrels gloussèrent. Puis ils s'allongèrent chacun sur une couverture sale, étalées à même les pavés, et dérivèrent chacun dans des embruns psychédéliques propres à leur onirisme et leur caractère.




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